Atténuation des risques pour les entreprises lors des étapes initiales de développement : les impératifs des RH

Les dynamiques des premiers stades de développement auxquelles font face les entreprises au quotidien sont considérées avec beaucoup d’attention à l’Institut Bonar. Nous travaillons actuellement à l’élaboration d’un programme concret et efficace pour aider les investisseurs à identifier et atténuer les composantes de risque liées au leadership.

De nos jours, comme l’économie est extrêmement complexe, volatile et imprévisible, le risque et le rendement du capital investi préoccupent énormément les investisseurs. Même si le risque est inévitable, il peut être considérablement atténué. Le facteur de risque le plus important et le plus délicat auquel font face ceux qui investissent dans de jeunes entreprises et des entreprises qui en sont à leurs premiers stades de développement concerne le PDG fondateur. Les attentes des investisseurs envers une entreprise s’avèrent avec le temps très différentes de celles de son fondateur. Dans le cas du retour sur investissement, les entrepreneurs prennent souvent des décisions qui entrent en contradiction avec le principe de maximisation des profits défendu par les investisseurs. (Noam Wasserman, The Founder’s Dilemma, HBR, février 2008)

Les statistiques suivantes sont frappantes : moins de trois ans après la mise sur pied de leur entreprise, seulement 50 % des fondateurs en sont encore les PDG. Après quatre ans, le pourcentage chute à 40 % et lorsqu’une entreprise fait sa première entrée en bourse, le pourcentage tombe à moins de 25 %. La plupart des entrepreneurs sont alors forcés de démissionner. Ce changement de direction réduit souvent les perspectives d’avenir d’une jeune entreprise. Une mise en garde s’impose : au fur et à mesure que les entrepreneurs qui ont fondé leurs entreprises acquièrent de l’expérience et de la maturité en matière de gestion, ils deviennent de plus en plus habiles à maintenir la croissance rentable. (Chris Zock, Founder-Led Companies Outperform the Rest – Here’s Why, HBR, mars 2016) Toutefois, ils constituent une minorité. 90 % des jeunes entreprises échouent.

Mettre en place le bon type de leadership constitue la pierre angulaire du succès d’une jeune entreprise. Cependant, les qualités requises par un bon dirigeant changent au fur et à mesure qu’une entreprise qui en est à ses débuts devient une organisation plus complexe et plus développée – de fondateur à gestionnaire et leader stratégique. Le rendement du capital investi dépend largement de la manière dont le PDG gère le risque tout en favorisant la croissance durable de l’entreprise et la création de richesse.

Selon une étude récente, lors de l’évaluation des forces et du potentiel du PDG fondateur dans le secteur des TI, quatre facteurs permettent de prédire le succès d’une jeune entreprise (voir Tucker. J. Marion, HBR, 3 mai 2016).

 

  • Âge. Les jeunes maîtrisent mieux les technologies. Dans le domaine des technologies, le fait d’être un jeune entrepreneur constitue un facteur clé de réussite.
  • Diversité des équipes, dont la diversité des genres. Les entreprises où les investissements sont les plus rentables sont celles qui comptent au moins une femme parmi leurs fondateurs. Le rendement des jeunes entreprises en TI mises sur pied par des femmes surpasse de 63 % celles dont les équipes sont exclusivement masculines.
  • Éducation. Une éducation de pointe est un des ingrédients menant au succès une jeune entreprise. Lorsque le fondateur d’une entreprise est issu d’une école supérieure, le rendement de celle-ci est de 220 % par rapport celles des autres.
  • Expérience. L’expérience dans le domaine des hautes technologies pour des sociétés réputées ainsi que celle acquise en démarrage d’entreprise permet de prédire la réussite d’un entrepreneur.
    • L’expérience revêt une très grande importance lors du processus de                                      présélection des investisseurs
    • Les compétences spécialisées acquises (ex. : gestion de projet)
    • Les compétences personnelles acquises (ex. : dans la vie politique et en                               réseautage)

D’autres facteurs clés qui permettent de prédire le succès d’une entreprise comprennent l’entente des membres du groupe d’investisseurs sur leur tolérance au risque, leur compréhension des complexités du secteur, leurs attentes en matière de rendement du capital investi et leurs attentes envers le PDG fondateur. En dernier lieu, les investisseurs et le PDG fondateur doivent s’entendre sur le type de leadership à adopter d’un côté comme de l’autre.

L’identification, l’évaluation et l’analyse des points de convergence et de divergence entre le groupe d’investisseurs et le PDG fondateur ainsi que la mise sur pied, lorsque cela est jugé approprié, de programmes de coaching et de mentorats ont des éléments fondamentaux du travail que nous effectuons pour atténuer les risques liés au leadership que prennent les investisseurs qui désirent miser sur des entreprises qui en sont aux premières étapes de leur développement.




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