La création de valeur en période volatile : le bien-fondé des sociétés éthiques et socialement responsables

Cet article est le second d’une série sur la création de valeur pour les parties prenantes.

Les grandes multinationales cotées en bourse sont considérées par certains comme les véritables centres de pouvoir de l’économie mondiale au 21e siècle, où la technologie et l’innovation font partie intégrante du succès (voir James McRichie, The Individuals Role in Driving Corporate Governance, The Hand Book of Corporate Governance, Wiley, 2016). Si cela est vrai, il s’agit là d’un défi et d’une opportunité de créer de la valeur à long terme pour les actionnaires.

Le problème est que ces sociétés sont si couramment négociées en bourse et qu’elles disposent de si vastes ressources et de si grandes empreintes mondiales qu’elles risquent de faire preuve davantage d’imputabilité envers la direction qu’envers les actionnaires. Selon Robert A.G. Monks, un activiste actionnaire et conseiller en gouvernance d’entreprise, le droit ultime des actionnaires de contrôler les sociétés est « au mieux ambitieux ». À son avis, les sociétés d’aujourd'hui sont « détenues par un si grand nombre et elles sont si couramment négociées qu’elles n’ont pas de propriétaires » (tels que définis par la SEC comme étant égaux ou supérieures à 10 %). Dans de tels scénarios, le contrôle est effectivement séparé de l’actionnariat (“The Happy Myth, Sad Reality: Capitalism without Owners Will Fail”, The Hand Book of Corporate Governance). Les directeurs des entreprises pourraient ainsi se retrouver à trop se concentrer sur les résultats trimestriels au détriment des considérations de bien public et de viabilité des entreprises à long terme.

Les grandes multinationales, ainsi que les grandes entreprises privées, se dirigent naturellement vers les pays offrant les meilleures mesures incitatives et les taux d’imposition des sociétés les plus bas. Au fil du temps, cela pourrait exacerber les tensions entre les gagnants et les perdants sur le plan économique. Certaines données indiquent que les mesures d’inégalité de la richesse sont maintenant les plus importantes jamais enregistrées. (Jill Treanor, “Richest 1 Percent Own Nearly Half of Global Wealth, Says Report”, The Guardian, 14 octobre 2014.) Cela conduit à une agitation sociale et politique au sein de nombreuses économies avancées.

En revanche, le pouvoir même des sociétés multinationales – leurs vastes ressources, leur empreinte mondiale et leur orientation commerciale – les positionne particulièrement bien pour atténuer ces tensions dangereuses. Grâce à l’accès à de nouveaux marchés et au développement de la main-d’œuvre, ainsi qu’à l'innovation et à la distribution de produits, ces entreprises font progresser les emplois et elles réduisent la pauvreté. L'objectif d’Unilever, par exemple, est de favoriser le développement durable en améliorant les moyens de subsistance de millions de personnes au fil de l’expansion de l’entreprise. (Voir le rapport annuel de 2014 d’Unilever.)

Les sociétés sont de plus en plus tenues responsables aux yeux de leurs parties prenantes – soit les actionnaires, les employés, les fournisseurs, les clients, la communauté et l’environnement. Bien que l’existence des entreprises dépende de leur rentabilité, les conseils d’administration prévoyants reconnaissent que cela n’est pas suffisant en soi (voir mon article du 6 septembre 2016, Création de valeur des PDG et des parties prenantes). Les conseils d’administration qui connaissent le plus de succès sont composés d’administrateurs reflétant une pluralité d’expérience, d’expertise, d’âge et de sexe. Ils comprennent que les questions environnementales et sociales de nature « non financière » comportent des risques qui peuvent affecter le capital des entreprises et la création de valeur à long terme pour les actionnaires. Ils réalisent que les effets dévastateurs créés par la fréquence et l’intensité croissantes des catastrophes naturelles dues au changement climatique, à la pénurie de nourriture, d’eau et de médicaments, ainsi qu’à la pauvreté sont des menaces mondiales et existentielles.

Les conseils d’administration tournés vers l’avenir se concentrent sur la création d’une valeur durable pour l’ensemble de leurs parties prenantes. Ils reconnaissent que les intérêts des parties prenantes travaillent en synergie, et que cela mène à la création d’une valeur encore plus grande et durable. Ces entreprises codifient et déclarent publiquement leurs engagements envers les pratiques commerciales éthiques, socialement responsables et durables. Un certain nombre d’entre elles font état de leur rendement dans les secteurs financiers, sociaux et environnementaux. Il existe un lien évident entre une telle culture d’entreprise et la rentabilité. La recherche indique que le rendement des cours boursiers des entreprises est influencé positivement par des pratiques de durabilité clairement énoncées. (Voir Alice Korngold, “Board Governance for a Better World”, The Hand Book of Corporate Governance.)

Réussir à résoudre les problèmes très complexes et volatiles auxquels les entreprises sont confrontées repose sur l’excellence des PDG et sur les conseils d’administration qui les ont embauchés et qui leur assurent une surveillance constante, une orientation stratégique sur la création de valeur à long terme, ainsi que du soutien.




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