L’éternelle question : l’entreprise peut-elle avoir une âme?

Un de mes clients en coaching me demandait récemment si une entreprise pouvait avoir une âme. Cette question est omniprésente dans le milieu des affaires hautement compétitif dans lequel nous vivons, comme le prouve une recherche Google avec ses 100 millions de résultats et plus.

En m’appuyant sur mon expérience auprès des cadres et sur une analyse des études les plus pointues en matière de leadership et de gouvernance, j’ai identifié les caractéristiques suivantes chez les entreprises qui possèdent une âme. Par « âme », j’entends une raison d’être plus vaste et plus noble que la simple atteinte de résultats trimestriels supérieurs.

Responsabilité sociale : Il va de soi que les profits sont l’un des moteurs les plus importants du monde des affaires, mais ils ne peuvent être l’unique but à atteindre. Les profits n’ont pas tous la même valeur. Il est important de considérer la manière dont ils sont générés. Des entreprises telles qu’Amazon, Twitter et Facebook ont par exemple adopté des politiques pour éviter que des paroles haineuses ne soient associées aux produits et aux services qu’on retrouve sur leur plateforme. Les entreprises qui ont une raison d’être plus noble sont conscientes que les profits qui impliquent un objectif social créent un cycle de prospérité positif entre une entreprise et la société. Ces organisations favorisent l’interdépendance et la synergie au sein de leurs parties prenantes : les actionnaires, les employés, les fournisseurs, les clients, la société et l’environnement. Des entreprises comme Tata, Unilever et Google croient que leur organisation est plus grande que la somme de ses parties. Les cadres et les entreprises qu’ils dirigent accordent de plus en plus de place à la responsabilité sociale. Et la recherche démontre la présence d’une corrélation positive entre ce type de culture organisationnelle et la rentabilité.

Responsabilité environnementale : Les entreprises tournées vers l’avenir comprennent que le rythme auquel nous utilisons nos ressources naturelles n’est pas viable. Selon elles, cette situation pose une menace sérieuse pour l’humanité. Elles reconnaissent également les perspectives bien réelles du développement durable en élaborant des solutions technologiques convaincantes et innovatrices qui diminuent la perte des écosystèmes. Certaines d’entre elles, notamment Intel, Ericsson et Ecolab, proposent une valeur à long terme durable à leurs actionnaires et à toutes leurs parties prenantes en dissociant la consommation de ressources de la croissance. Les entreprises tournées vers l’avenir comme celles-ci saisissent l’occasion de réinventer une économie plus durable et plus verte pour les générations à venir. Cet objectif est d’ailleurs déjà atteint pour celles qui sont les plus engagées dans cette voie.

Impératif humain : Le slogan de Dofasco (maintenant une filiale d’ArcelorMittal), un des sidérurgistes les plus anciens et les plus efficaces au Canada, est : « Notre fort, c'est l’acier. Notre force, nos employés. » La recherche confirme cet adage en démontrant le lien entre une gestion supérieure des ressources humaines et un rendement organisationnel supérieur. Les entreprises prospères telles Starbucks et Southwest Airlines investissent temps et argent pour recruter les meilleurs talents et déploient des ressources considérables pour les retenir. Elles embauchent des employés qui non seulement possèdent les compétences recherchées, mais qui partagent aussi la mission, les valeurs et la culture de leur entreprise. Elles accordent une grande importance au perfectionnement, à l’autonomisation et à l’engagement des employés. Elles encouragent le travail d’équipe et une culture d’équipe caractérisée par le partage et la collaboration. Une bonne équipe produit en effet toujours de meilleurs résultats que des personnes qui travaillent seules. Leurs programmes incitatifs sont axés sur le travail réalisé en équipe et leurs politiques de rémunération sont équitables et transparentes. Les entreprises tournées vers l’avenir proposent un travail authentique qui met leurs employés au défi et les incite à apprendre et à se développer.

Autorité morale : Les entreprises qui sont investies d’une mission plus noble ont une autorité morale. Leurs parties prenantes (actionnaires, employés, clients, fournisseurs, etc.) veulent savoir qu’elles sont honnêtes et fiables et que leurs valeurs correspondent à celles qu’elles prônent. Elles ne veulent pas qu’on les manipule. Les dirigeants qui réussissent le mieux cherchent à s’adapter aux valeurs de leurs parties prenantes de manière à créer des cultures organisationnelles qui génèrent des changements durables et permettent d’atteindre les résultats souhaités. Les parties prenantes accordent aussi une très grande valeur à la protection de la vie privée. La confiance est la pierre angulaire. On l’obtient à force de transparence, d’intégrité et de respect.

Les cadres qui gèrent avec succès la volatilité et la complexité de l’économie mondiale ont un profond sentiment d’authenticité. Ils se dévouent à une réalité plus grande qu’eux-mêmes et que les entreprises qu’ils dirigent. Ils créent une culture organisationnelle axée sur l’atteinte de résultats pratiques, concrets, durables et transformateurs à long terme. L’Institut Bonar se dévoue à épauler les entreprises qui souhaitent découvrir et faire grandir leur mission plus noble, leur âme…




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