Le gouvernement : un collaborateur oublié

par James de Gaspé Bonar, Ph. D. et John D. Bonar, délégué commercial à la retraite

Plusieurs des clients de nos séances de coaching pour cadres et dirigeants se sentent dépassés par les immenses défis du changement vertigineux technologique et de la diffusion instantanée de grandes quantités d’informations – et de plus en plus de désinformations – dans notre monde hyperconnecté. Le taux, l’ampleur et la complexité du changement que nous vivons actuellement sont sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Les paradigmes d’affaires qui fonctionnaient dans le passé ne s’appliquent plus ce qui fait en sorte que plusieurs dirigeants se sentent incertains et à la dérive.

Les défis de plus en plus complexes de l’économie volatile et incertaine à l’échelle mondiale augmentent davantage leur niveau de stress. Le protectionnisme est en hausse aux États-Unis, ainsi que dans certaines régions d’Europe et ailleurs. La pertinence des institutions d’importance vitale telles que l’Organisation mondiale du commerce, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international sont maintenant remis en cause par leur membre le plus important. Cela compromet gravement les mesures de sauvegarde des systèmes libres et équitables de commerce et d’investissement mondiaux. Les perspectives de guerres commerciales majeures sont imminentes et en croissance. De plus, il y a l’impact alarmant et destructeur du changement climatique, et plusieurs craignent que nous ayons atteint un point de basculement au-delà duquel il n’y a pas de retour possible…

Bien qu’il soit affaibli, le multilatéralisme est toujours vivant, comme en témoignent les trois exemples suivants :

  • L’initiative de créer l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP);
  • Les négociations en cours visant à moderniser l’ALÉNA; et
  • La conclusion couronnée de succès en 2007 de l’Accord économique et commercial global (AECG).

Ces initiatives clés ont démontré comment des gouvernements nationaux peuvent réussir à collaborer afin d’abaisser ou même d’éliminer les obstacles au commerce international et ainsi bénéficier à tous les pays participants. Et, l’Accord de Paris de 2016 a marqué un tournant dans la lutte contre le changement climatique. Pour la première fois dans l’histoire, les dirigeants du monde se sont unis pour ratifier légalement des mesures contre les augmentations des émissions de gaz à effet de serre par le biais de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. La mise en œuvre complète reste cependant une tâche ardue. La seule exception à cet accord décisif est les États-Unis qui ont l’intention de se retirer de l’Accord.

De nombreuses occasions d’affaires existent cependant toujours au sein des marchés étrangers, mais plusieurs dirigeants ne sont pas pleinement conscients de la grande variété de programmes utiles que les gouvernements offrent directement aux entreprises. Ceux-ci comprennent notamment l’expertise-conseil en matière d’exportation, de même que les services de passation de contrats, d’assurance et financier. Le gouvernement est à bien des égards oublié, mais il demeure un collaborateur inestimable à la réussite des entreprises sur les marchés mondiaux.

Au Canada, Le Service des délégués commerciaux (SDC) aide par exemple les entreprises à exploiter de nouvelles possibilités d’exportation, à investir sur des marchés étrangers et à trouver des partenaires étrangers en R et D. Créé en 1894, le SDC a des bureaux commerciaux à travers le pays et compte plus de 100 bureaux dans le monde. Pour les exportateurs américains, le U.S. Commercial Service (CS) est le service de promotion commerciale du Department of Commerce’s International Trade Administration. Le CS a des délégués commerciaux dans plus de 100 villes américaines et de 75 pays. Le CS aide les entreprises à commencer à exporter ou exploiter des occasions de ventes sur les marchés mondiaux.

Exportation et développement Canada (EDC) est considéré par plusieurs comme la première agence de crédit à l’exportation au monde. En plus d’offrir un financement à l’exportation, ses produits et ses services comprennent une vaste gamme de programmes d’assurance-crédit commerciale pour les exportateurs canadiens et leurs clients étrangers. Aux États-Unis, l’Export – Import Bank (EXIM) offre aux entreprises américaines un éventail de solutions de financement commercial – y compris l’assurance-crédit des exportateurs, les garanties de fonds de roulement et les garanties de prêts commerciaux aux acheteurs étrangers – pour favoriser les exportations des biens et services des États-Unis.

La Corporation Commerciale Canadienne (CCC) offre une expertise en élaboration de projets en collaboration et en passation de contrats étrangers pour aider les exportateurs à obtenir des contrats auprès des acheteurs gouvernementaux étrangers. À titre de main d’oeuvre, CCC signe et gère les contrats avec les gouvernements étrangers au nom des fournisseurs canadiens. La CCC possède deux principaux programmes : le défense et la sécurité, et les projets d’infrastructure. Menés au nom des exportateurs canadiens, The Defense and Security Programs avec les États-Unis ont évolué pour devenir le rôle principal de la corporation.

Ces entités gouvernementales favorisent la vente de milliards de dollars de biens et services pour les entreprises chaque année. L’environnement commercial mondial actuel est exceptionnellement difficile, et cela se poursuivra probablement dans un avenir prévisible. Cependant, les entreprises qui travaillent en collaboration avec leurs gouvernements auront beaucoup plus de chances de réussir à long terme que celles qui ne le feront pas.




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