Le droit et la direction

En tant que coach pour cadres et dirigeants, mentor et consultant en gestion, je travaille avec des dirigeants qui sont appelés à gérer de façon quotidienne des problématiques juridiques et réglementaires complexes. D’après mon expérience, les clients qui ont une connaissance approfondie de leurs responsabilités vis-à-vis de la loi, en tant que gestionnaires ou propriétaires, sont plus efficaces à la direction de leur organisation. À l’opposé, je vois trop souvent des organisations supporter des coûts découlant du fait que leurs dirigeants ne connaissent pas les problèmes juridiques auxquels ils sont confrontés, de même que les questions juridiques pertinentes qu’ils doivent poser, et qu’ils ne consultent pas leur équipe juridique interne ou leurs avocats externes dans les meilleurs délais. Par exemple, la prise de décision de la direction devrait tenir compte de nombreux risques juridiques lors des négociations contractuelles avec des fournisseurs, des coentrepreneurs et des objectifs d’acquisition. Les questions de responsabilité liées à la gestion des ressources humaines, à la réglementation environnementale et aux questions de propriété intellectuelle ne cessent d’ailleurs d’augmenter.

Dans un article récent sur le programme de maîtrise professionnelle mondiale en droit de la Faculté de droit de l’Université de Toronto, le Faculty of Law Global Professional Master of Laws (GPLLM), j’ai découvert une perspective qui tombe à point sur ce sujet important. (Globe and Mail, 3 mai 2018) Ce programme est une maîtrise en droit de 12 mois de style pour dirigeants. Il allie la réputation méritée de l’Université de Toronto en matière de rigueur académique à une expertise pragmatique du monde réel. Ce qui m’a intrigué est que le programme GPLLM s’adresse aux cadres, dirigeants et gestionnaires des secteurs privé, public ou à but non lucratif, ainsi qu’aux avocats pratiquants leur profession. Sur les 85 étudiants de la promotion de 2018, 63 % sont nouveaux en droit, et 48 % sont des femmes alors que 52 % sont des hommes. Les étudiants de la promotion de 2018 ont en moyenne 12 ans d’expérience professionnelle.

Qu’est-ce qui peut bien attirer les dirigeants occupés à investir leur temps et leur argent dans ce programme? Le rythme des changements que nous connaissons est sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Les dirigeants d’aujourd’hui reconnaissent la nécessité de s’appuyer sur un large éventail de connaissances pour rester au courant des défis actuels et à venir. Notre économie volatile et complexe crée des risques que les cadres supérieurs et les dirigeants doivent gérer et résoudre efficacement. (Voir mon article du 26 août 2017, Survie ou réussite? Prospérer grâce au souci d’authenticité.) Selon Ed Iacobucci, doyen de la Faculté de droit, le GPLLM vise à « remodeler la façon de penser des dirigeants. Le droit a un impact sur de nombreux enjeux dans le monde des affaires, mais la formation des cadres et des dirigeants n’offre pas cette perspective. La capacité d’observer la complexité, de reconnaître la nuance et d’appliquer un raisonnement juridique pour trouver la meilleure réponse à un problème difficile est inestimable. » (« University of Toronto program helps executives master the law », Globe and Mail, 3 mai 2018)


Fondé en 2011, le GPLLM comporte quatre concentrations: le droit des affaires; le droit canadien dans le contexte mondial; l’innovation, le droit et la technologie; et le droit en matière de direction. Le programme est soigneusement conçu pour équilibrer les engagements professionnels exigeants des dirigeants avec des études intensives et le développement professionnel dans un cadre individuel et de groupe. Les étudiants sont exposés aux problèmes et aux enjeux juridiques actuels les plus pertinents. Ils développent des compétences et des connaissances transformatrices. Celles-ci orienteront leurs réponses à l’éventail de défis et d’enjeux pleins de nuances que crée l’évolution rapide de notre contexte économique mondial.

Pour de nombreux étudiants, le programme offre de nouvelles perspectives et opportunités. Howard Shearer, par exemple, PDG d’Hitachi Canada et ingénieur de formation, travaille depuis 35 ans dans le secteur de la technologie. Il estime que le cadre juridique que le GPLLM lui a permis d’ajouter un élément essentiel à sa trousse d’outils. Il dit qu’il a maintenant « une meilleure compréhension des défis que relève son équipe juridique ». Cela a « ouvert la porte à des discussions plus productives dans la salle de réunion, en particulier en ce qui concerne la gestion des risques ». (« University of Toronto program helps executives master the law », Globe and Mail, 3 mai 2018)

Selon mon expérience, les dirigeants qui connaissent un grand succès comprennent qu’ils ne doivent pas seulement développer de nouvelles façons de faire des affaires pour prospérer, ils sont aussi les gardiens des collectivités qu’ils desservent. Ceci est illustré par un autre diplômé du GPLLM. Kevin Vuong a été nommé par le magazine Corporate Knights comme étant l’un des « 30 meilleurs de moins de 30 ans » du Canada pour son travail visant à rendre les collectivités plus résilientes et vivables. M. Vuong est un dirigeant communautaire, un bâtisseur de villes, un conférencier universitaire et un officier militaire qui utilise l’innovation sociale afin de favoriser la création de collectivités plus saines et complètes. (Voir son profil LinkedIn.) Et il se présente actuellement aux élections municipales de Toronto 2018 pour devenir conseiller municipal.

Les dirigeants reconnaissent de plus en plus que de posséder des connaissances juridiques est un avantage majeur pour leur développement de carrière ainsi que pour leurs organisations. Pour autant que je sache, le type de formation qu’offre le GPLLM est unique au Canada. Je m’attendrais à ce que d’autres établissements d’enseignement désirent offrir des programmes semblables à l’avenir.

Pour plus d’informations sur le GPLLM*, veuillez consulter http://connect.law.utoronto.ca/gpllm-law-of-leadership/


*Ce programme est offert en anglais seulement.

2 juillet 2018




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